LYNK
 
 
 
 

Bonjour,

 

C'est moi, Link. Si je n'ai pas écrit tout de suite, c'est que la maîtresse avait promis des photos et qu'elle trouvait mon eczéma , ma conjonctivite et ma maigreur, peu photogéniques.

 

Cette lettre, c'est pour vous dire MERCI.

 

Merci à ceux qui ont parlé de moi sur Internet, merci à Monsieur Delfosse de s'être autant investi dans cette ronde d'amour pour me sauver. Merci au vétérinaire qui n'a pas eu la lâcheté de m'assassiner, merci à la SPA d'exister

 

C'est une bénévole qui est venue me chercher. Comme elle était jolie et qu'elle sentait bon ! Je la garde dans un coin de mon cœur, elle m'appelait son bébé et me serrait contre elle, m'embrassant alors que beaucoup aurait été dégoûté. Au début, elle seule pouvait m'approcher, les hommes font si mal… Un puis, pourtant, il y en a un, avec beaucoup de temps et des petits gâteaux, qui a pu m'approcher un peu. Enfin un camion bleu est arrivé conduit par une femme ; elle et cet homme sont entrés dans ma cage, j'ai reculé en montrant les dents et j'ai senti la peur chez elle. Elle s'est pourtant agenouillée et timidement je l'ai senti, mais je n'avais pas encore confiance…

 

En fin de journée, la bénévole est revenue avec des gâteaux et des caresses, comme je l'aimais ! La femme au camion bleu me faisait déjà moins peur puisque la bénévole me protégeait. De temps en temps, elle sortait de la cage et je me surprenais alors à la guetter. Quand le soir, elle est partie, elle m'a manqué. Le lendemain, je l'attendais.

 

Elle est revenue avec l'homme et, de nouveau, j'ai eu peur et j'ai grondé. J'aurais aussi voulu tuer l'autre homme qui est venu avec un collier et une laisse prendre mon compagnon de cellule. Je hais les colliers, on nous les mets pour nous faire mal…

 

Merci au responsable de la SPA d'avoir accepté de laisser la femme seule avec moi ; elle le lui avait demandé car il hésitait à me laisser partir, disant qu'il fallait dix jours au moins pour que je me « stabilise ». C'était important qu'elle soit seule avec moi parce que c'était notre histoire à nous qu'on allait construire.

 

Quand elle revenue, elle s'est tout de suite accroupie et m'a dit : « Eh bien, p'tit mec, c'est pas gagné ! J'entame mon deuxième jour de cage et d'odeur de pipi, alors, il va falloir te décider ! ». Puis, elle a regardé ailleurs et n'a rien fait, je me suis un peu plus approché, elle m'a senti les oreilles, les yeux et me donnait de légers coups d'épaule. Elle s'est ensuite mise en grenouille, tapant des mains par terre, alors, on a joué. Dès que j'avais peur, elle me tapotait les flancs et tout d'un coup, je ne sait pas ce qui m'a pris, je me suis serré contre elle, je reniflais fort pour lui prendre son odeur, j'enfonçais ma tête sous son bras, je l'entourais de ma patte et puis je me suis laisser tomber dans le pipi, les quatre fers en l'air… Elle m'a dit doucement : «  C'est gagné, mec ! » et puis d'une petite voix aiguë, elle chantait mon nom et disait : plus jamais… toujours… je promets… enfin, plein de mots d'amour. On échangeait nos odeurs ; j'ose pas le dire, même qu'à un moment, elle m'a reniflé les fesses ! Après, elle est partie mais je crois qu'elle l'a fait exprès pour que je la regrette.

 

Elle est revenue avec un collier en lasso et j'ai eu très peur. Elle s'est accroupie et l'a mis autour de son cou puis a joué avec en le lançant par terre, après, autour de son bras et elle me tendait des gâteaux que je grignotais. Elle me caressait. Soudain, elle m'a dit : « Mon grand, c'est maintenant ! » et elle m'a passé le lasso. J'ai encore eu très peur mais elle la laissé pendre à mon cou et est restée accroupie à me parler et je n'avais pas mal…

 

On a finit par sortir voir les autres chiens ; quand j'avais peur, elle me tapotait les flancs et me parlait tout le temps. On a ensuite pris la route et fait 500 km l'un contre l'autre. Elle chantait mon nom et m'a dit que « link » c'est une passe de tango et que le tango c'est une danse d'amour et que j'étais fait pour être aimé, pas martyrisé.

 

A la maison, mon maître m'attendais assis dehors, sans bouger, et son odeur et sa voix m'ont tout de suite plu. Puis Akbar, le mâle d'Anatolie est venu me rejoindre dans la rue ; il a bien essayer un moment de me dominer mais quand la maîtresse dit STOP, tout le monde se calme. En plus, elle nous secoue par le cou et ça, ça veut bien dire ce que ça veut dire ! Après, elle dit ASSIS et on s'assoit, puis BISOUS, alors Akbar et moi, on se lèche les babines en lui donnant la patte. Et puis Ut, ma sœur de race qui a de si beaux yeux, et puis la chatte qui m'a tout de suite adopté…

 

Depuis je suis heureux et mes maîtres me trouvent merveilleux. Avec mon maître, on fait de grands câlins ; quant à ma maîtresse, c'est l'amour de ma vie. Des fois, quand elle dort, je monte, doucement parce que je n'ai pas le droit, pour la renifler. Alors je sais qu'elle existe et je retourne me coucher, rassuré.

 

MERCI !

 

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